Interview Victor Marquez

victor marquez

“La tendance architecturale est à la personnalisation des formes et des matériaux”

Victor Marquez est directeur du cabinet d’architecture mexicain VMA. Multi-diplômé, créateur talentueux et toujours en quête de nouvelles inspirations, nous l’avons rencontré pour discuter avec lui d’un secteur qui ne cesse de révolutionner les règles de l’art et de l’industrie.

Sa première rencontre émotionnelle avec l’architecture s’appelle “Habitat 67” : un ensemble de logements comme empilés les uns sur les autres, situés à Montréal, au Canada. Habitat 67 est une œuvre de l’architecte Moshe Safdie, conçue en 1960. “J’ai trouvé une photo d’Habitat 67 dans un livre chipé dans la bibliothèque de mes parents, se souvient Victor. C’est à ce moment-là que j’ai décidé que moi aussi, quand je serai plus grand, je jouerai avec des blocs.”

Pouvez-vous nous présenter votre parcours ?
À mon sens, l’architecture doit s’inscrire dans des problématiques sociétales plus larges que le design ou l’ingénierie du bâtiment. C’est pourquoi j’ai quitté le Mexique après des études en architecture pour aller faire un master en design et technologie en Pennsylvanie, puis je suis allé étudier le commerce à Wharton, l’urbanisme et l’ingénierie à Paris, la sociologie et l’histoire à New York, avant de terminer par un doctorat en sciences et technologies à New York également. Aujourd’hui, je divise mon temps entre réalisation de bâtiments et recherches sur la place sociale et sociétale de l’architecture.

D’où tirez-vous l’inspiration pour vos travaux dans le cabinet VMA ?
Il existe une distinction forte entre le design et l’architecture. Aujourd’hui, l’architecture poursuit un but plus utilitariste qu’artistique, elle est soumise aux mêmes lois du marché que les secteurs industriels. C’est à partir de cette réflexion que j’ai décidé, un beau jour, de fermer tous mes livres d’architecture et de puiser mon inspiration de sources plus actuelles et plus concrètes : mes voyages. Lorsque je croise des bâtiments lors de voyages je n’en connais pas l’auteur, ni le courant architectural, je ne juge qu’avec les yeux. Mais je ne suis pas seul à décider de tout cela, bien sûr. Nous sommes une dizaine, dans le cabinet, à échanger et débattre de nos projets.

Pouvez-vous citer quelques-unes de vos influences parmi des architectes et designers, actuels ou non ?
J’admire la philosophie et le travail de Peter Zumthor, Enric Miralles, Santiago Calatrava – qui est à l’origine de plusieurs magnifiques bâtiments à Valence –, Francisco Mangado… Je pourrais en citer tellement ! J’ai également beaucoup appris en travaillant aux côtés de Moshe Safdie, Eero Saarinen ou encore Kevin Roche. J’ai appris l’importance du commerce immobilier avec le légendaire John Portman, et l’essence du design avec mon mentor : Peter McCleary. Je suis très reconnaissant d’avoir croisé le chemin de tous ces grands penseurs.

D’après vous, quelles sont les tendances qui vont émerger dans l’architecture et le design ?
Je pense que nous sommes en train de dépasser “l’architecture en soi” et que, de plus en plus souvent, les réalisations reflètent le style unique et personnel du créateur et des utilisateurs. J’imagine un futur où les biens architecturaux seraient perçus et vendus comme des biens de consommation de luxe. On ne dira plus “Combien as-tu de vêtements Tiffany ?” mais “Combien as-tu d’œuvres de Zaha Hadid ?” Les gens pourront se balader dans les magasins de matériaux comme on se balade dans une galerie commerciale, avec des étals pour tous les goûts. Peut-être même qu’on verra apparaître des galeries dans lesquelles les passants pourront découvrir des photos de réalisations architecturales et y “acheter” leur architecte !

Comment choisissez-vous les matières premières qui constituent vos réalisations ?
Nous avons une obsession : la durabilité. Nous construisons des bâtiments avec l’ambition de les voir vivre très longtemps. Quand nous travaillons sur un musée, par exemple, nous voulons qu’il vieillisse dignement et qu’il conserve son élégance au fil du temps.

Dans cette optique, quelle place attribuez-vous au sol dans les constructions architecturales ?
Le choix du sol est la première décision que nous prenons lorsque nous travaillons sur un projet, et c’est aussi l’une des plus importantes en termes de design. Nous sommes chaque jour plus exigeants sur les qualités esthétiques, techniques et environnementales des sols que nous choisissons. Aujourd’hui, nous valorisons beaucoup les marques qui proposent de nombreux choix de décors, de composition et d’options pour leurs sols. Finalement, s’il fallait qualifier l’avenir de l’architecture en un seul mot, ce serait : “personnalisation” !

Quel est votre point de vue de professionnel sur les sols Gerflor ?
Nous les utilisons depuis de nombreuses années. La concurrence est rude, mais Gerflor reste notre marque de référence pour les projets qui exigent une haute qualité à tous les niveaux : finesse et originalité des décors, contraintes d’hygiène élevées et confort acoustique maximal.

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